En résidence d’écriture dans un centre psychiatrique, Rémi Checchetto a écouté patients et personnels, recueilli leurs voix et leurs compréhensions, laissé leurs peurs et fêlures se mêler aux siennes afin de donner une langue à ce qu’on nomme « folie ».
Les mots débordent, se tordent, mordent : cherchent leur chemin. Un Caillou sur la mer est une traversée des douleurs de la conscience qui se sait égarée, accrochée au désir de tenir debout, tandis que la langue du poète cherche à « fixer des vertiges » (le programme de Rimbaud).
On ne sait pas
ce qui au juste nous jette, projette dans la folie
on ne se méfie pas
on vit l’armure ouverte
on porte partout notre tête sans casque
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Et l’équilibre, ô l’équilibre
l’équilibre c’est autre chose
que dans l’oreille interne
que le vélo sans les mains
l’équilibre, ô l’équilibre
c’est bien autre chose