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Jean-François Mathé

Eh oui ! A l’âge que j’ai atteint aujourd’hui, est venu le temps des bilans. Non que je les sollicite, mais ils s’imposent d’eux-mêmes. Surtout celui des passions qui ont animé ma vie et éviteront qu’elle ne tombe à la fin comme une vieille chaussette vide.A côté de mes amours et de mes amitiés, je me reconnais quatre passions : celle de mon métier (l’enseignement des lettres en lycée), la poésie, le dessin d’humour, la chanson.En ce qui concerne l’enseignement, c’est un métier que j’ai choisi par vocation, ou du moins, pour éviter la connotation religieuse du mot et pour m’exprimer comme l’un de mes collègues : par préméditation. Comme me l’ont dit des collègues, des parents, des élèves : « j’étais fait pour ça ». Au risque de paraître immodeste, je le confirme. Jamais d’ennui(s), toujours le désir de préparer, de dialoguer, d’expliquer ce qui est explicable, d’ouvrir des hypothèses pour ce qui l’est moins, et, particulièrement, pour la poésie, de « préférer la monstration à la démonstration » selon le conseil d’Yves Bonnefoy. Métier d’homme libre à condition de jouer avec les programmes plutôt que de les respecter à la lettre et de ne pas oublier que dans les relations humaines le sérieux et l’humour font un excellent ménage. Cette passion est désormais au passé pour cause de retraite, mais le meilleur de ce que j’en ai vécu m’habite encore.La poésie, grande affaire ! Découverte de la meilleure façon qui soit, par coup de foudre, à l’âge de seize ans. Coup de foudre dû à Eluard et à ces deux vers de lui qui m’ont éclaté dans la tête au milieu de ma petite librairie provinciale : « Au plafond de la libellule / Un enfant fou s’est pendu. » Je n’ai eu de cesse de chercher ce qui pouvait pousser quelqu’un à écrire de telles choses et de voir s’il pouvait en sortir de semblables de mon intériorité et si elles pourraient conduire à des découvertes imprévues, comme celle du « je » qui est un autre. D’innombrables poètes se sont engouffrés dans le sillage d’Eluard et j’ai d’abord cherché à imiter chacun d’entre eux avant d’estimer avoir trouvé mes propres voix et voie. Je n’ai pas beaucoup publié parce que j’ai préféré, comme le recommande José Angel Valente : Écrire depuis l’attente, / non à partir du dire / mais de l’écoute de ce /que les mots vont dire. Et préférant écrire des poèmes plutôt que de gloser sur eux, je m’en tiendrai là, ajoutant simplement que la poésie n’a cessé de m’habiter, de m’offrir des chemins et des raisons de vivre.Dans tout cela, le dessin d’humour pourrait paraître tomber comme un cheveu sur la soupe. Il a néanmoins en commun avec un poème de naître d’un surgissement. Celui d’une idée qui, comme la poésie modifie la façon de ressentir, modifie, elle, la façon de voir (une idée, une situation). Je dois à la salle d’attente de mon médecin des années 1960, la découverte de journaux où officiaient mes trois maîtres : Chaval, Bosc, Mose. Et, comme Queneau disait que « ce qui manque le plus en littérature, c’est le travail manuel », je me suis initié au maniement de la plume, de l’encre, du rapidographe, du feutre. Certains de mes dessins ont paru dans des périodiques tels que Télérama, La Vie, Tribune socialiste et quelques-uns ont illustré des livres, dont le pamphlet de mon éditeur René Rougerie La fête des ânes. Cette passion a duré des années 70 à la fin des années 80, puis a été abandonnée pour connaître un bref retour de flamme au début de 2010.Reste la chanson. Ma passion pour elle vient de loin, de l’enfance où ma mère et ses sœurs, ouvrières en usine de textile, chantaient beaucoup et bien. J’ai suivi cette tradition familiale, mais en changeant de répertoire : armé d’une guitare, j’ai découvert Brassens, Stéphane Golmann, Félix Leclerc et autres. Si j’ai écrit des poèmes, je n’ai jamais été fichu d’écrire une chanson, alors je puise sans vergogne dans le répertoire des autres, des grands. Et je tiens la chanson en grande estime, tout comme Aragon qui ne méprisait pas la « mise en chanson » de ses poèmes. Poème, chanson, même famille quand la qualité est là. Et si une chanson de qualité n’est pas exactement un poème, elle est exactement de la poésie.Évidemment, dans tout cela, je n’ai pas parlé de la lecture, passion pourtant si ancienne, fondamentale, fondatrice que rien de ce que j’ai évoqué n’aurait existé sans elle. Je ne lui rendrai pas hommage ici mais dans ma dernière volonté : qu’on m’enterre avec mes livres préférés et qu’on grave sur ma tombe : Ci-lit Jean-François Mathé.

Chez d’autres éditeurs,

Editions Rougerie :

15 titres, dont :

  • La vie atteinte, 2014
  • Chemin qui me suit, 2011
  • Le ciel passant, 2002, Prix Kowalski de la Ville de Lyon 2002
  • Le temps par moments, 1999, Prix du Livre en Poitou-Charentes 1999
  • Corde raide fil de l’eau, 1991
  • Contractions supplémentaires du cœur, 1987, Prix Antonin-Artaud

– Editions Cadex :

  • Poèmes poids plume (coll. Le farfadet bleu), 1998

Éditions Folle Avoine :

  • Retenu par ce qui s’en va, 2015

Prix de Poésie International Guillevic-Ville de Saint-Malo 2013 pour l’ensemble de l’œuvre.