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En cette période estivale, merci de vous adresser à votre libraire pour commander Des corps poussés jusqu’à la nuit, le très beau recueil de Ada Mondès dont nous parle si bien l’article de Libération du 11 juillet : 

Lundi poésie: aujourd’hui, «je ne pèse plus rien que mon courage d’aimer encore»

Chaque semaine, coup d’œil sur l’actualité poétique. Ce lundi, la spiritualité humble de la poétesse Ada Mondès.
par Claire Ferragu – publié le 11 juillet 2022 (Source)

«Elle dit un poème je traverse les steppes avec elle /elle cavale la vie elle avale les paysages elle dévale les cœurs», écrit Laurence Veille à propos de la langue d’Ada Mondès dans l’avant-propos des Corps poussés jusqu’à la nuit, le cinquième recueil de la poétesse et traductrice (espagnol-français) française, née en 1990. Celle qui dit écrire pour «désarmer la peur», «prudente en même temps que brûlante», a choisi de mener une vie de nomade et d’explorer plusieurs domaines artistiques. Nourrie de la richesse de ses expériences, Ada Mondès devient, dans ses recueils, la médiatrice d’un monde dont elle éclaire les ombres sans les ignorer. En porte-parole des «existences niées», elle entrelace dans sa poésie sa propre voix à celle des cœurs croisés sur sa route de vagabonde en quête des nuances de l’âme humaine.

Des corps poussés jusqu’à la nuit se divise en trois grandes parties : «L’héritage», «Marcher le monde» et «Rien n’empêche le chant». Un voyage empreint de souffle et de mouvement qui tente, coûte que coûte, de cheminer vers la lumière. Les mots sont simples, directs, parfois répétés, martelés, comme pour répondre à une urgence viscérale de témoigner des brisures du monde, de ses «coulisses», et de les panser. Les hommes sont des «chasseurs d’étoiles» capables, même du fond de leurs abîmes, d’en embrasser la beauté.

La poésie d’Ada Mondès est gonflée d’une spiritualité humble. «Prier la mort, c’est encore penser», écrit-elle. L’écrivaine, «vivante échevelée», qui «témoigne pour les miettes du matin», mène une bataille sans prestige mais est là, présente et vibrante par son chant. «Au soir je ne pèse plus rien que mon courage d’aimer encore». Elle fait virevolter les mots, «ça parsème ça embrune ça constelle ça consume ça console ça bouscule ça déboussole», appelle à la résistance et érige la grandeur du cœur : «Ce qui est beau c’est que je ne crois pas qu’on s’y habitue /que ça s’érode le cœur /cette façon de donner entière et seule /de porter tous ces mondes avec nous à l’intérieur de nous».

L’extrait

petite
parfois tu t’allonges
n’importe quand n’importe où
tu es comme morte
tu sais que tu n’es pas morte
parce que tu as froid
tu as peur souvent tu ne sais pas
où dormir ce soir demain
mais on ne sait même pas si demain on sera là
alors regarde la folle marée du ciel
la guerre lente des couleurs là-haut
ça suffit pour maintenant
pour maintenant
pour tes yeux clos
petite qui rêve à ceux qui n’ont plus peur
aux poèmes de Baudelaire qui sont pleins de feu
dans le clos de tes yeux passent les heures
et sous tes paupières poussent d’autres yeux
c’est pas parce que tu es dehors
que tu es perdue
tu es libre tu vis plus
que tous les demi-morts
d’autres hommes femmes enfants
passants aux sourires amers
sous la muselière des bien-pensants

Ada Mondès, Des corps poussés jusqu’à la nuit, éd. Les Carnets du dessert de lune, 80 pages, 15 euros.